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mercredi 7 mai 2008

Say what you need to say

Leurs regards s'accrochent, le temps d'une éternité.

Un voile se pose sur son regard mielleux, et le silence complice les rapproche en cet instant. La caresse d'un cheveux égaré sur sa joue anime une lueur timide, et ses lèvres s'entrouvrent pour un grave baiser.
- Qu'est-ce qui ne va pas ?
Ces mots glissent sur son cou et lui font naître des frissons le long du dos. Son regard fuit, il n'aime pas cet accès de faiblesse. Sa gorge nouée empêche tout son. Et les mots ne viennent pas, coincés dans l'orgueil. Les chauds baisers sur sa peau se multiplient, tandis qu'il rassemble ses esprits pour tenter d'exprimer la crainte.
- Dis-moi... je me demandais si...
Elle le considère du regard.
- J'me demandais si... si j'te décevais, parfois.

***

Déception...

J'en entends beaucoup parler ces derniers temps.

Certains le sont des êtres chers, et d'autres le sont d'eux-mêmes.
Quel est le pire ?

Je pose la question, oui. Car je sais qu'il est difficile de passer sous silence, ou de surmonter l'erreur d'un autre, aussi important soit-il à nos yeux, spécialement s'il est important à nos yeux, mais ce que je vois autour de moi, ce sont surtout des personnes désillusionnées par leurs propres erreurs.

Des conneries, on en fait tous. Certaines peuvent être passées sous silences. D'autres bien trop énormes pour être dissimulées éclatent au grand jour. L'effet est le même. Désillusion.
Car nos actes, aussi peu vraissemblants soient-ils nous font tomber de haut : on n'a pas été fidèle à notre idéal...

sabusés. Déçus.

Je demandais, hier, si on était les personnes qu'on croyait qu'on serait quand on était gosses.

Es-tu celle/celui que tu pensais devenir quand tu as entamé ta marche vers l'avenir en passant par cette adolescence qui nous avilit tous et qui, en fin de compte, finit par nous construire ?

Oui, car nos conneries nous construisent, du moment qu'on réalise qu'elles le sont. Ces longs moments passés à y repenser, à tout remettre en question ne servent pas qu'à nous torturer en bons maso que nous autres humains sommes mais à marquer une limite qu'on rend grâce à ça infranchissable pour la suite. Assumer ses erreurs, ce n'est pas en être fier. C'est savoir les reconnaître ne pas les commettre à nouveau.
Et du moment que tu sais ça, ton intelligence te fait souffrir pour te permettre dtre meilleur.

Et si le sentiment d'avoir déçu en faisant mal autour de toi, celui d'avoir pansé en quelques sortes cette blessure en étant quelqu'un de meilleur, est inégalable.


***


Elle se love contre lui, et laisse promener sa main sur ses cheveux. Un sourire se dessine sur ses lèvres.
Il sait.
C'est le premier pas.

1 commentaires:

Anonyme a dit…

Content de te revoir à l'œuvre.
A propos, comment sais-tu que qu'il s'agit d'un inconnu et non d'une inconnue ?