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mercredi 28 mai 2008

De la m*rde

Dans la cacophonie des chaises que l'on pousse, des pas pressés vers la sortie, et de l'écho des pensées échangées, je m'approche doucement vers celui qui semblait avoir accompli ce qui toujours fut mon rêve.
Il me restait une question, une seule et unique question qui aurait donné tout le sens à son statut.

"Quand vous vous relisez, si ça vous arrive, vous sentez-vous fier de ce que vous avez écrit ?"

Sartres me revient en arrière-pensée, avec sa conception de l'artiste, éternel insatisfait. En feuilletant les pages de Qu'est-ce que la littérature ?, ce fut l'anecdote de l'apprenti qui m'avait le plus parlé, (avouons-le parce que je n'ai pas eu le courage de tout lire, mais soit). Cet apprenti qui demande à son maître quand est-ce qu'une oeuvre est finie. Et à l'artiste de répondre que c'est une fois qu'on considère son oeuvre, qu'on s'en sent satisfait et qu'on n'a plus rien à y ajouter. C'est à dire jamais.

Mais sa réponse est toute autre.

"Oh oui je l'aime ! Je me demande parfois comment j'ai fais pour l'écrire!"

* * *

L'Ennemi, de Baudelaire.

Pour ?

Pour cette 3ème strophe, pour l'espoir comme un faible rayon de soleil qui s'immisce dans son esprit avec la forme hypothétique, et qui s'intensifie au fil des vers pour arriver au Mystique aliment qui ferait sa vigueur, et la forme interrogative qui souligne l'incertitude de son espoir. Pour ce tiret qui marque la Rupture, et le ton élégiaque qui nous replonge dans un spleen bien plus profond. [Ca sent le bac blanc, tout ça]

Puiser dans son mal-être, dans son angoisse, l'énergie d'une nouvelle forme d'écriture

Pousser les codes, révolutionner, provoquer

Un artiste,

Majestueux et ridicule

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